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mis en ligne le 5 février 2016

Toile détente avec Tati

D’un côté, des enfants de centre de loisirs s’essaient au montage vidéo. De l’autre, des ciné-conférences pour lycéens et collégiens sur la saga Star Wars. Lieu de réflexion et d’éducation à l’image, le cinéma Tati apporte plus que jamais un éclairage différent sur les salles obscures.

La "mash-up table" permet au cinéma Tati d'animer des ateliers de montage audiovisuel.
La "mash-up table" permet au cinéma Tati d'animer des ateliers de montage audiovisuel. © Mairie de Tremblay-en-France

«Le montage, c’est raconter une histoire », résume Mohand, médiateur et animateur cinéma à Tati. Volontaires pour un atelier Mash-up, les huit enfants du centre de loisirs Varlin sont tout ouïes. Et fascinés par la table de montage installée au milieu de la salle L’Interlude de la médiathèque.

Un objet étonnant sans être impressionnant : une table gris-foncé, d’aspect marbré, avec un rectangle en verre au centre. L’année dernière, le cinéma Tati s’est équipé d’une « Mash-up table » pour alimenter le projet municipal : créer des parcours thématiques et des actions artistiques à travers les équipements culturels de la ville.

En l’occurrence, c’est la médiathèque Boris-Vian qui accueille l’atelier. Bastien, son responsable cinéma, s’est lui aussi formé à la technique Mash-up pour animer les ateliers. Mohand explique le principe : « Vous avez à disposition des cartes " image " . Chaque carte posée sur la table déclenche une séquence de dix secondes de film à l’écran. À vous de choisir 6 à 8 cartes parmi les images, de leur donner un ordre et un titre. Après vous choisirez la musique ou les bruits que vous voulez associer. C’est important le son, ça déclenche l’émotion. »

En phase test, Betty Boop se retrouve à cuisiner sur du rap. « Ouah c’est trop bien ! », s’exclame un Damien de 8 ans, stupéfait par les prouesses de la machine.

On est là pour s’amuser

Une banque d’une centaine d’images accompagnées de plus de 90 sons et une trentaine de bruitages est à disposition. Bastien et Mohand accompagnent les enfants, conseillent sur l’enchainement des images, le choix des sons, la manière de poser les cartes sur la table... et rassurent les apprentis monteurs contrariés de ne pas obtenir le résultat espéré. « C’est pas grave. C’est un essai. On est là pour s’amuser... »

Côté filles, Nawel et Yasmine ont réalisé La Famille danseuse : « parce que ça parle de danse ». Le film enchaine des images à la fois sérieuses et grotesques, du classique à la rumba, sur des musiques complétement décalées des images. Effet comique assuré.

Côté garçons, Rafaël et Damien ont monté Le Zapp, une parodie émaillée d’images et de commentaires loufoques « pour montrer une famille qui zappe. » Passé le temps de la découverte, les enfants ont eu bien du mal à quitter la table Mash-up.

Leila et l'odyssée

Star Wars - Une saga, un mythe de Laurent Aknin
© DR

En janvier 2016, le cinéma Tati a monté deux journées ciné-conférences pour accompagner Le Réveil de la force. L’occasion de disséquer trilogie et prélogie... au laser.

Le matin, le critique et historien du cinéma Laurent Aknin présentait la saga Star Wars commencée en 1977. Un préalable pas superflu puisque sur la centaine de collégiens réunis, seule la moitié avait déjà vu un autre épisode de l’odysée galactique.

Durant une heure, on a parlé mythologie et histoire du cinéma. Car le succès de Star Wars réside dans sa capacité à transposer des mythes fondateurs, des dieux de l’Antiquité à la légende du roi Arthur. L’histoire de Luke et Leia rime par exemple avec celle d’Isis et Osiris. La force emprunte elle aussi au Tao.

De même, la fameuse réplique « Je suis ton père » prêtée à Dark Vador – Darth Vader in english – vient en fait du western italien Texas Addio, de Ferdinando Baldi.

Bref, Star Wars puise à toutes les sources pour composer une nouvelle cosmogonie émaillée d’une galerie de personnages en interaction, d’aventures héroïques dans le temps long et de thèmes universels tel le Bien et le Mal, le yin et le yang.

Les débats organisés après la diffusion de l’épisode VII ont confirmé une chose : Disney a l’air d’avoir compris la recette d’un récit dont l’enjeu est de franchir le cap des générations. L’occasion de jubiler sur l’érudition du conférencier et les multiples références au cinéma de genre présentes dans Star Wars.

Pourquoi choisir Christopher Lee pour interpréter le comte Dooku est un clin d’oeil de cinéphile ? Ou à quel point la « réforme » qui précipite la République au profit de l’Empire dictatorial qui oppresse ses colonies est proche de nous. Ce récit éclaté – dans tous les sens du terme – c’est le secret d’une odyssée du troisième millénaire.

A lire : Star Wars. Une saga, un mythe. De Laurent Aknin aux éditions Vendémiaires


Auteur : Emmanuel Andreani