Accueil / Actualités / La ligne 17 sur les rails

envoyerimprimer
mis en ligne le 31 août 2017

La ligne 17 sur les rails

Partie intégrante du Grand Paris Express, le tronçon nord du futur métro automatique passera par le Vieux-Pays de Tremblay et desservira la zone Aérolians et le Colisée début 2024. Une présentation du projet est organisée le 3 octobre au Vieux-Pays.

Perspective de la nouvelle gare du parc des expositions sur la ligne 17 (esquisse du projet).
Perspective de la nouvelle gare du parc des expositions sur la ligne 17, conçue comme un lieu de vie et de services (esquisse du projet). @ Visuels : Société du Grand Paris - Dietmar Feichtinger Architectes

C’est le chantier du siècle ! Le Grand Paris Express (GPE) va créer 200 km de lignes de métro automatique autour de la capitale et implanter 68 nouvelles gares reliant les grands pôles économiques de l’Île-de-France, ses trois aéroports et ses gares TGV.

Conçu pour mieux relier les territoires et faciliter les déplacements de millions de Franciliens, le GPE, qui comprendra quatre lignes nouvelles (15, 16, 17 et 18) et deux prolongées (14 et 11) d’ici à 2030, est aujourd'hui entré dans sa phase active.

Tremblay sur le tracé

Localement, la Ligne 17 Nord du GPE est majoritairement en aérien et reliera six gares, du Bourget RER au Mesnil-Amelot. Longue de 20 km, elle desservira de grandes zones d’activités, de congrès et de loisirs (aéroport et gare du Bourget, Triangle de Gonesse, Parc des expositions, Paris Nord 2, Aérolians Paris, Colisée, aéroport Paris-CDG).

Le Vieux-Pays de Tremblay est sur le tracé (voir carte). C’est dans ce quartier que s’opérera la transition entre la section aérienne et la partie souterraine. Le viaduc du tronçon nord de la ligne 17 s’enterre progressivement jusqu’à 20 mètres de profondeur, au niveau de l’entrée du Vieux-Pays, à proximité de L’Imprimerie, route de Roissy. En tranchée couverte, puis en tunnel, elle passera en fond de parcelles, sous les jardins familiaux. Il ne devrait y avoir aucune nuisances pour la grande majorité des habitations.

La mise en service de cette ligne est prévue en deux temps : 2024, entre Le Bourget RER et l’Aéroport Paris-Charles-de-Gaulle ; puis 2030 jusqu’au terminus, au Mesnil-Amelot, où un parking relais est envisagé.

Après le décret de déclaration d’utilité publique pris en février dernier et pour être en cohérence avec l’organisation des Jeux Olympiques 2024, le calendrier des études a été accéléré. Les travaux préparatoires commenceront au second trimestre 2018. « L’objectif est de préparer les zones de chantier pour permettre aux entreprises de débuter les travaux de génie civil fin 2018 », précise Cendrine Le Bouffant, directrice générale adjointe aux projets structurants à Tremblay.

Carte de la ligne 17

 

Une mobilité accrue

En multipliant les connexions aux autres moyens de transports du réseau actuel (RER, transilien, métro, tramway, lignes de bus), le Grand Paris Express facilitera les déplacements des salariés et habitants dans l’Île-de-France. De périphérie à périphérie, les temps de trajet seront également raccourcis, puisque les rames seront trois fois plus rapides que l’actuel métro parisien (vitesse moyenne de 65 km/h), plus réguliers (1 rame toutes les 2 à 3 minutes et 90 secondes en heures de pointe sur certaines lignes).

À titre d’exemple, sur la ligne 17 Nord, il faudra seulement 11 minutes depuis la gare du Parc des expositions pour rejoindre la gare Le Bourget RER (contre 24 minutes aujourd’hui), et 18 minutes pour relier la gare Saint-Denis Pleyel au sud de la ligne, qui fait la liaison avec la ligne 15 reliant notamment la Défense en 13 minutes.

Pour accompagner le développement de nouveaux quartiers d’activités et de loisirs, l’accès aux gares sera facilité par l’intermodalité et les liaisons douces (créations de promenades piétonnes et cyclables). Une nouvelle gare Parc international des expositions-Tremblay- Villepinte (PIEX) - nom proposé par la ville de Tremblay - de la ligne 17 Nord desservira début 2024 le parc d’affaires international d’Aérolians Paris et le futur Colisée, salle de spectacle et de sport de 10 000 places.

Cette nouvelle gare, qui sera réalisée par l’agence Dietmar Feichtinger Architectes, lauréate du concours (voir encadré), sera située à cheval sur les communes de Tremblay et Villepinte. La passerelle de la gare permettra de rejoindre la gare du RER B, et l’aménagement des parvis facilitera l’accès aux lignes de bus ainsi qu’aux circulations douces.

« Une gare conçue comme un espace public »

Dietmar Feichtinger @ Christian Jungwirth
Dietmar Feichtinger @ Christian Jungwirth

Dietmar Feichtinger, architecte de la gare du Parc des expositions (PIEX) et de la ligne aérienne

Présentez-nous la future gare PIEX dans son environnement.
La nouvelle gare se situe dans un environnement structuré par des grands équipements, déjà construits ou à venir, comme le Parc des expositions ou le projet du Colisée à Tremblay. Elle accueillera les voyageurs quotidiennement et fera face aux grandes affluences lors d’événements. C’est une gare aérienne construite sur un tronçon de 3,5 km de métro en viaduc.

C’est une plateforme à plusieurs niveaux. La mezzanine permettra de relier la gare RER, de franchir ses voies et de rejoindre la gare routière sur Paris-Nord 2. Elle reliera le Parc des expositions par une rampe et des ascenseurs. Vers le nord (vers Tremblay), un parvis prolongera la rue intérieure de la gare. Depuis Tremblay, la gare sera aussi facilement accessible par les cyclistes. Elle est conçue comme un espace public dans un quartier en devenir.

Votre agence est connue pour avoir travaillé sur des projets ambitieux comme la passerelle du Mont Saint-Michel. Quel est le parti-pris architectural de cette gare ?
C’est un espace ouvert, mais couvert avec des matériaux innovants qui exprime la modernité de la conception. C’est également un espace large et généreux. Par l’éclairage et la ventilation naturelle, il se distingue des gares souterraines. L’espace est aussi clair et accueillant.

Compte tenu de la qualité des ouvrages architecturaux voisins comme le Colisée, la gare affirme son propre statut d’espace public. La légèreté et la transparence de l’édifice contribuent à son image contemporaine. Elle s’installe en hauteur et prend une place stratégique dans le paysage urbain. Elle affirme dans son dessin, son appartenance au viaduc, à l’infrastructure ferroviaire qui traverse le territoire comme un fil unificateur.

Propos recueillis par Pierre Grivot

Renforcer les lignes de bus

Ainsi le territoire sera le mieux pourvu en matière de gares ferroviaires, avec trois nouvelles gares sur la ligne 17 Nord, ainsi que, sur la ligne 16, deux à Sevran (Livry et Beaudottes), trois autres à Aulnay-sous-Bois, au Blanc-Mesnil, et au Bourget RER, et, enfin, une gare Drancy-Bobigny sur la ligne 15 Est. Toutefois, la municipalité reste vigilante à ce que les besoins locaux en matière de transport collectif soient mieux pris en compte.

Dans ce sens, le maire et conseiller métropolitain François Asensi a adressé en février et juin derniers un courrier au Président du territoire Paris Terres d’Envol ainsi qu’au directeur général du Syndicat des transports d’Île-de-France (STIF) afin que des propositions soient faites pour renforcer la desserte en bus. Pour François Asensi : « L’enjeu est de renforcer l’offre de bus pour désenclaver le Vieux-Pays, de favoriser les liaisons avec la gare du PIEX et de désengorger le Vert-Galant. Sans une réelle performance des transports en commun, ces deux quartiers vont poursuivre, pour l’un son enclavement et pour l’autre son engorgement, au regard des projets de développement économique environnant : Aérolians Paris, arrivée de la ligne 17, projet du CDG Express, création du Colisée, et la perspective des Jeux Olympiques ».

La ligne 17 nord passera en viaduc dans la zone d’activités Aérolians.
La ligne 17 nord passera en viaduc dans la zone d’activités Aérolians. @ Société du Grand Paris - Dietmar Feichtinger Architectes

Un plus pour l’emploi local

L’activité économique sera dynamisée par ces investissements de transport. Le chantier de construction et les commandes de nouveaux trains – modernes, climatisés, automatiques – va ainsi assurer 15 000 emplois directs. Avec les premiers chantiers, 4 500 emplois dont 1 500 dans l’ingénierie ont déjà été créés par le GPE.

« Les bénéfices économiques du chantier seront aussi locaux, estime Frédéric Dutarque, chef de projet insertion par l’économie à Paris Terres d’Envol. La Société du Grand Paris impose en effet qu’une partie du chiffre d’affaires généré par les marchés soit accessible aux TPE-PME locales, c’est-à-dire de moins de 250 salariés. Un des enjeux consistera à les rapprocher des entreprises en charge des travaux. »

Une convention devrait être signée à l’automne entre la Société du Grand Paris et Paris Terres d’Envol pour le développement de l’emploi dans le territoire. Cette convention prévoit d’intégrer des clauses d’insertion dans les marchés du GPE pour dégager un volume d’heures d’emploi réservé aux personnes éloignées du marché du travail.

Le Grand Paris Express n’est donc pas uniquement un projet de transport. Créateur d’emplois, il va transformer l’aménagement urbain autour des nouvelles gares. Un aménagement pour lequel il est important que la population soit partie prenante. Un environnement dans lequel elle vivra demain.


Auteur : Pierre Grivot