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mis en ligne le 04 juillet 2017

La ville consulte pour sa médecine

La municipalité vient d’engager un « diagnostic territorial de santé et d’animation du territoire ». Objectif : évaluer l’offre de soins et les besoins pour établir un plan d’actions.

Représentants de la municipalité, professionnels de santé et spécialistes du cabinet Mazar-Eqr ont échangé sur la situation de l'offre de soins locale. © Guillaume Clément - Mairie de Tremblay-en-France

« Tremblay n’est pas un désert médical, souligne Marie-Ange Dossou, adjointe au maire à la santé. Mais si on ne réagit pas, la ville va perdre la moitié de ses médecins libéraux d’ici 5 ans. » L’urgence de la situation justifie l’initiative : établir un diagnostic territorial de santé et construire avec les professionnels de santé libéraux des solutions.

Partenaire de l’Agence régionale de santé Île-de-France (ARS), Tremblay a confié cette mission au cabinet de conseil Mazars-EQR, spécialiste en politiques de santé. Début juin, la ville a convié médecins, sages-femmes, kinésithérapeutes, infirmiers... pour présenter la démarche.

Des spécialités menacées

« La situation vient de basculer en un an et demi, a indiqué Fariza Moumene, directrice du Pôle municipal de santé. Nous avons perdu cinq médecins de manière inattendue. » Les premières conclusions du cabinet Mazars-EQR interpellent. Ainsi, des spécialités comme l’ophtalmologie ont disparu sur la commune. D’autres sont en souffrance comme les sages-femmes, les pédicures-podologues, les orthophonistes, les orthoptistes…

Les cabinets médicaux n’arrivent pas à recruter ces spécialistes. Et dans les cinq prochaines années, 12 des 24 médecins libéraux installés à Tremblay atteindront l’âge de la retraite sans avoir de remplaçants, pour le moment. En parallèle, la demande de soins augmentera avec le vieillissement de la population tremblaysienne.

Attirer de nouveaux professionnels

Au cours de la présentation, les professionnels de santé ont enrichi l’analyse statistique par des questions, des remarques, des propositions : « On n’arrive pas à recruter ; la ville devrait fournir plus d’agents pour amener les personnes âgées en consultation ; il faut installer une grande maison de santé »... Le diagnostic se terminera fin juillet.

Après avoir évalué la situation, la phase d’accompagnement de projets débutera en septembre. Avec deux préoccupations distinctes : maintenir les professionnels de santé déjà installés et attirer de nouveaux professionnels. La solution ?

Exercice coordonnée en santé

« Mettre en place une organisation coordonnée de la santé peut donner de la visibilité à Tremblay et attirer de nouveaux professionnels, explique le cabinet Mazars-EQR. Il existe aussi de nombreuses formes d’exercice coordonné, comme les maisons de santé, les pôles de santé, les communautés professionnelles territoriales de santé, les équipes de soin primaire… Des moyens existent pour décharger les médecins, en particulier des tâches administratives.»

Bref, une multitude de petites solutions sont à mettre en place. Car « Tremblay se trouve dans une sorte de compétition entre territoires pour maintenir et développer l’offre de santé. » Pour Marie-Ange Dossou : « Renforcer l’offre de soins face à la désertification médicale, c’est un investissement très lourd. Mais la municipalité a toujours fait des inégalités d’accès à la santé un enjeu prioritaire. »

Déployer de nouvelles pratiques

Après l’aide à l’installation d’un cabinet paramédical, la création du Pôle municipal de santé - 7 500 patients par an ! – et la consultation en médecine générale au Vieux-Pays, Tremblay continue à déployer de nouvelles pratiques.

Reste un frein à toute politique volontariste, a rappelé le Dr Olivier Middleton, médecin directeur de la ville : « La Seine-Saint-Denis a du mal à attirer de nouveaux médecins, surtout dans un contexte de pénurie. On manque de professionnels, car on ne forme pas assez de médecins. Le problème, c’est le numerus clausus : il limite le nombre d’étudiants autorisés à poursuivre des études de médecine et, du coup, aggrave la situation. »

Et le médecin directeur d’ajouter : « L’enjeu est désormais d’associer tous les médecins et professionnels de santé à la réflexion. Améliorer l’offre de soin ne peut pas se faire sans eux. »

Auteur : Emmanuel Andréani

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