Accueil / Actualité
La métropole parisienne est celle des paradoxes.
Ici se côtoient la plus grande richesse et des lieux de relégation sociale et d’extrême pauvreté. Cette situation soulève de grandes frustrations et conduit à la désespérance ceux pour qui le déterminisme social brise définitivement toute possibilité d’émancipation. Pour beaucoup, l’avenir est tracé d’avance. Ce non futur bafoue jusqu’à le nier le principe de justice et d’égalité. On doit exiger avec raison le respect de la Marseillaise mais en retour donnons aussi à la République la force et la volonté de proclamer pour chacun des citoyens, le respect de sa devise, la promotion de la France du metissage, et d’en faire l’obligation pour l’Etat. Dans un tel contexte, si la région capitale veut tenir sa place dans le concert des grandes métropoles, son mode de développement doit être lié à un projet global de société au coeur duquel l’émancipation des individus trouve sa place, à la fois comme moteur et finalité.
La spécialisation des territoires en Ile-de-France façonnée par l’argent et la fortune, limite l’essor même de la métropole parisienne.
Après avoir chassé les ouvriers et les employés de la capitale, voici le temps de l’éloignement des cadres et des jeunes diplômés. Alors que la région produit plus de richesses que Madrid, Milan et Berlin réunies, le rayonnement politique et culturel est refusé à certains. Qui n’est pas choqué par les inégalités entre l’est et l’ouest parisien ? Pour des revenus cinq fois plus élevés par habitant dans des villes des Hauts-de-Seine, ces mêmes habitants payent quatre fois moins d'impôts que dans plusieurs villes de Seine-Saint-Denis. La facture transport va du simple au triple selon que l’on vit au centre de la région ou dans sa périphérie. Pourtant, de 1974 à 2002, des centaines de milliers de banlieusards ont permis par leur travail, grâce à la taxe professionnelle, basée sur les salaires, versée par leur entreprise, d’équiper Paris et la Défense en crèches, écoles, services aux habitants : toutes choses qui, pour les mêmes salariés, faisaient défaut sur leur lieu de résidence. S’il est parfaitement légitime que Paris soit la vitrine de la France, un lieu unique de création et de diffusion culturelle, accueillant les grandes universités, de prestigieux centre de formation et les centres de décision, il n’est pas concevable aujourd’hui de limiter et de circonscrire au seul périmètre de la capitale ces activités d’excellence et d’en priver l’ensemble de la métropole. Dès à présent, et dans le mouvement de construction de Paris métropole, à un développement urbain de l’hyper centre vers la périphérie en cercles concentriques, doit répondre la déconcentration et la diffusion de ces activités sur l’ensemble du territoire francilien. C’est le pari que doit tenir la conférence métropolitaine en s’appuyant sur les coopérations renforcées qui existent et vont se développer.
Produire de la ville au 21ème siècle réclame une véritable métamorphose urbaine, un changement des mentalités et des cultures pour concevoir l’évolution de la région capitale. Il faut surtout produire du politique et faire vivre la démocratie pour donner aux citoyens des droits dont ils sont injustement privés. Les débats sur l’avenir de la métropole parisienne posent publiquement la question de la solidarité financière entre les territoires. Mais ils se limitent trop à la répartition de ressources - indispensable bien sûr - en évacuant la non moins indispensable création de richesses supplémentaires et l’urgence d’aller vers une taxe professionnelle égale pour tous, répartie et distribuée sur tout le territoire. Il faut se rendre à l’évidence, le statu quo actuel en Ile-de-France, tant sur le plan administratif que politique, est pénalisant pour les habitants et annonce de nouvelles explosions sociales. La bureaucratie, le mille feuilles des dispositifs législatifs et réglementaires, la multiplication des interlocuteurs, troublent les repères et n’offrent aucune lisibilité de l’action publique aux citoyens. Entre la décision politique d’améliorer le RER B et sa mise en oeuvre, il faudra attendre 15 ans, le temps d’une génération, et pourtant, chaque jour ou presque, c’est la galère : incidents techniques et retards !
Bouger la région capitale, c’est dès à présent s’inscrire dans la refondation solidaire de l'agglomération parisienne, initiée par la conférence métropolitaine.
Cela requiert l’implication de tous les acteurs institutionnels, le monde de l’entreprise, de l’économie, la société civile dans toutes ses composantes associatives, syndicales et artistiques. Cette construction doit se faire du haut vers le bas et du bas vers le haut. Dans cet esprit, des communautés de villes doivent s’engager et produire de l’en commun sans attendre, ce que déjà beaucoup font, afin de développer des coopérations utiles et se doter d’outils publics supérieurs au cadre communal. Partout où ces communautés d’agglomérations ont été mises en place, les territoires ont prospéré. Cheminons vers de nouvelles solidarités, sur un territoire commun qui nous rassemble. Je propose que dans la partie de la Seine-Saint-Denis située dans l’axe de la Plaine de France, se constitue une communauté d’agglomération qui prendrait appui sur le syndicat d’équipement et d’aménagement (le SEAPFA) qui fédère déjà depuis 37 ans des services pour les villes de Blanc-Mesnil, Aulnay, Villepinte, Sevran, Tremblay. Comprenant les deux aéroports du Bourget et de Charles-de-Gaulle, plusieurs parcs d’activités, de puissantes bases logistiques et commerciales, des hôpitaux publics et privés desservis par le RER, des autoroutes et nationales, ce territoire naturel pourrait comprendre les villes de Dugny, de Drancy et du Bourget, nos cinq villes, ainsi que Mitry-Mory et Compans. Partisan de la coopération entre les villes, je veux dire ici que la ville de Tremblay, où je suis le maire, ne serait pas, et loin s’en faut, la plus avantagée par cette entente. Il n’empêche que depuis des années, je soutiens une politique de solidarités intercommunales.
J’estime qu’il faut, dans l’intérêt général, dépasser la vision de son propre clocher et se réunir.
J’ai conscience des hésitations et du temps nécessaire pour construire cette coopération. Mais le temps nous est compté. La crise du capitalisme menace l’emploi et bridera les budgets de nos villes. Des jours difficiles sont à venir. Au contraire, grâce à l’intercommunalité, nous pourrions, dans les domaines de la culture, de la formation et du sport promouvoir de grands et beaux projets. Ce pourrait être la couverture du vélodrome à Aulnay-sous-Bois pour le cyclisme et l’athlétisme in door avec une configuration salle de concerts pour la région. Ce pourrait être que chacune des villes, avec l’accord des sportifs, offre aux autres les disciplines où elles excellent, hand ball, judo, gymnastique, tennis, natation, etc… Cette liste n’est qu’indicative et non exhaustive. De même, dans le domaine du spectacle vivant et de la création, et la diffusion des oeuvres du patrimoine ou des expositions, les équipements culturels de nos villes pourraient travailler en réseau et être complémentaires. Quant au logement, question cruciale s’il en est, les solutions sont intercommunales et régionales. C’est aussi vrai pour l’éducation, la formation, l’accès à l’emploi, les transports, la santé, etc…, sans oublier la mise en commun de nos expériences dans le développement durable et la protection de la planète, de la coopération décentralisée avec des pays tiers, Afrique, Amérique Latine par exemple. Convaincu que la force d’entraînement de l’exemple peut accélérer ce processus d’union, que des réponses concrètes sont attendues en matière de projets, de compétences et de gouvernance, je propose que les collectivités géographiquement et politiquement prêtes engagent le mouvement, qui, sans tarder, aura vocation à réunir les autres villes quand elles seront prêtes.
Je propose donc que sans attendre Sevran, Tremblay-en-France, Villepinte, créent une communauté d’agglomération.
Dans chacune de ces trois villes les projets municipaux soumis aux électeurs ont porté très haut l'idée d'intercommunalité. Aller de l'avant pour cette idée, c'est tenir nos engagements et répondre à une nécessité. Cette mise en commun sera un signe fort pour les habitants de nos trois villes et aura, je le souhaite et je l’espère, une force d’entraînement.
François ASENSI
Député de Sevran, Tremblay et Villepinte
Maire de Tremblay-en-France
NB – Depuis 37 ans, Aulnay-sous-bois, Blanc-Mesnil, Sevran, Tremblay et Villepinte travaillent ensemble dans un syndicat intercommunal : le SEAPFA. Cette coopération permet par exemple à 20 000 enfants des 5 villes de pratiquer le cheval au centre équestre du Château-Bleu.
Des arts et des danses émancipateurs Pas moins de 300 personnes ont assisté aux commémorations de l’abolition de l’esclavage célébrées au... |
Un nouveau programme de commerces et de logements Cours de la République, la construction d’un immeuble comprenant 1 600 m² de surface commerciale et ... |
La ville installe de nouveaux défibrillateurs Huit équipements municipaux supplémentaires vont disposer de ces appareils d’urgence pour les accide... |
|
Danses et poèmes pour célébrer la liberté À l’occasion de la journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage, le 10 mai 2012,... |
|